QU'EST-CE QUE LA TURCOPHILIE ?

Turcophiles Expatriés

 

Virginie, 26 ans, institutrice expatriée à Izmir

Cela fait 8 mois que je vis en Turquie. J'avais passé auparavant 2 mois dans un hôtel à Kusadasi, dans lequel je travaillais bénévolement pour être avec mon ami turc, lui-même animateur pour les vacances.

Je ne conseille à personne cette expérience car le rythme est très dur, les touristes très "beaufs" et être en couple dans cette situation n'est pas évident non plus.

De plus,j'ai été choquée par l'organisation hiérarchique qui existe ici : si tu es stagiaire ou que tu n'as pas de grade, tu es considéré comme de la m....

Après ces deux mois, je suis revenue au mois de septembre pour vivre définitivement en Turquie. J'avais trouvé un travail dans une école Franco-Turque  à Izmir qui se nomme St Joseph (Travaillant pour l'Education Nationale française,  le lycée Pierre Loti d'Istanbul m'aurait intéressée, mais mon ami est d'Izmir).

J'ai ensuite été nommée fonctionnaire de l'éducation Nationale turque et je dois dire que mon école m'a énormément aidée en ce qui concerne le visa de travail, le permis de résidence et le permis de travail. Ils ont aussi cherché avec moi des appartements.

En ce qui concerne la vie en Turquie, et principalement à Izmir, qui est une ville très moderne où on trouve la mer et la montagne, je m'y plais beaucoup. Car non seulement j'y retrouve tout le confort de la France, mais les habitants sont très sympathiques, ouverts et accueillants (mais ça, toutes les personnes qui y sont venues en Turquie  peuvent en témoigner : les turcs sont charmants).
 

Il est selon moi important de parler un minimum la langue (moi, j'apprends toute seule et je commence à m'exprimer un peu) car la première chose qui m'ait frustrée, fut que j'avais le sentiment d'avoir 5 ans et que je ne pouvais rien faire toute seule ! Prendre le bus, dire ce que je veux dans les boutiques, faire des démarches administratives et avoir des informations précises ..Même si on est avec quelqu'un qui traduit pour vous, ce n'est pas pareil et on se sent assisté. Car peu de personnes parlent l'anglais. Mais s'ils connaissent un mot de français, ils font l'effort de vous le dire.


J'ai la chance d'avoir "des beaux-parents" charmants, modernes et qui parlent le français. Ils m'ont beaucoup aidée pour trouver un appartement, des meubles (ils m'ont hébergée quand je suis arrivée et m'ont donné beaucoup de choses). C'est important d'avoir un pied d'appui et de s'immerger avec des Turcs (étant dans une école française, il est possible de ne rester qu'entre nous, et ce n'est pas le but lorsque l'on part vivre à l'étranger).

 

Les différences de catégories sociales sont très marquées ici (j'enseigne à des petits fils de riches, ils sont odieux, imbus de leur personne), d'un quartier à un autre c'est flagrant : il y a des gens qui ne vivent avec presque rien, et avec l'inflation, je me demande comment ils font pour vivre ! Je côtoie à peu près toutes ces catégories de personnes et les mieux éduquées ne sont pas ceux que l'on croit !

 

Une personne qui n'a rien peut te donner sa chemise, ça donne une bonne leçon de vie! Moi j'ai la chance d'avoir un très bon salaire, mais je vois des gens qui ont 30 ans de plus que moi et qui font les poubelles pour manger quelque chose, ou des enfants seuls dans la rue à 2 heures du matin et la plupart du temps malades. Tout ça te remet à ta place et ça ferait du bien à beaucoup de Français qui se plaignent toujours de voir tout ça ! Et les étudiants n'ont pas la chance de choisir une branche, ils font des études mais pour quel avenir après ?!!
 

Bien sûr, la Turquie est un merveilleux pays, riche culturellement, magnifique, accueillant, mais il y a des réalités que les touristes enfermés dans leur hôtel en or, ne pourront jamais voir et c'est bien dommage!

 

Virginie, le 02/02/2003